L’année liturgique expliquée à ma fille : 9 – Pâques

Aujourd’hui c’est un jour de fête, un jour de joie. Le Christ est ressuscité ! il est vraiment ressuscité. Je trouve que le texte de la bénédiction solennelle des messes de Pâques (aussi bien celle de la vigile que celle de la résurrection) est à ce titre magnifique.

« Ils sont finis, les jours de la passions, suivez maintenant les pas du Ressuscité : suivez-le désormais jusqu’à son Royaume, où vous posséderez enfin la joie parfaite. »

Voilà le cœur de la foi des chrétiens. Comment donc expliquer que d’un horrible instrument de torture inventé par la cruauté des hommes, la Croix, Dieu à voulu faire un signe de son amour pour nous, de son amour qui nous sauve ? Il y a un lien de cause a effet qui n’est pas facile à expliquer : pourquoi puisque Dieu est tout puissant n’aurait-il pas pu nous sauver d’un simple « fiat », par un simple « qu’il en soit ainsi » ? Pourquoi a-t-il voulu vivre notre condition d’homme jusqu’à accepter que nous lui fassions subir de telles souffrances ?

Cela nous dépasse complètement… notre esprit étant par définition bien plus limiter que celui, infini, de Dieu.

Nous pouvons toutefois envisager quelques hypothèses :

1. que l’on accorde du prix qu’à ce qui nous coûte vraiment, alors que pour montrer qu’il accorde vraiment du prix à notre rédemption, il a été jusqu’à donner sa propre vie ;

2. qu’il a voulu vivre « à notre mesure » les souffrances humaines, leur absurdité ; qu’il a voulu « partager » cela avec nous ;

3. qu’ainsi il nous a enseigné que l’amour est un don total et sans mesure de soi-même (qui Dieu merci ne nous oblige pas toujours à en passer par là)…

Bien d’autres explications peuvent être avancées, j’ai ici retenus celles qui me semblent les plus « pédagogiques » en terme de message qui nous est donné par le Verbe  fait chair.

Alors je voudrais à mon tour être un bon pédagogue pour #babygirl qui n’a pas 2 ans ! Donc une nouvelle fois je vais devoir ranger mon catéchisme et autres bouquins savants pour parler avec des mots plus simples :

« Ma chérie, le dimanche matin, des amies de Jésus sont allés au cimetière. Elle voulaient fleurir sa tombe pour lui dire que, même s’il était plus là, et bien elle l’aimaient quand même et pensaient très fort à lui.

« En arrivant, elles ont trouvé la tombe ouverte, et il y avait un ange qui les attendait là. Il leur a dit : ‘J’en était sur que vous viendrez ! Vous êtes des biquettes… pourquoi voulez-vous que Jésus soit là ? n’aviez vous pas compris que c’était Dieu ? il est vivant ! Il vous l’avait pourtant bien expliqué que l’amour est plus fort que la mort !’

« Bref, pas commode, l’ange leur a passé une sacrée soufflante ! Il leur a dit d’aller prévenir les autres copains de Jésus et de se mettre en route pour le Nord où il les attend. ‘Et au pas de course » qu’il a même dit !

« Alors les amies de Jésus se mettent en roue toute joyeuses, pour aller prévenir les autres… elle étaient vraiment contentes que Dieu soit plus fort que la mort.

« Dieu est plus fort que la mort. C’est là le point central de toute notre foi chrétienne. C’est pour vivre très intensément ce moment de grande joie que l’on s’est préparé pendant les 40 jours du Carême. Comme quand on va inviter des amis, on range la maison, on fait sa toilette, on met ses beaux habits… là ce fut un peu la même chose. On a fait le grand ménage dans notre cœur, car même si nous essayons tout le temps de vivre à l’image de Jésus, parfois il nous arrive un peu de nous relâcher, de faire des bêtises, de ne pas toujours laisser la première place à l’autre. Mais sur une période plus courte, c’est plus facile. Et du coup, on est vraiment prêt pour ce grand jour de joie.

« Comme on fête Pâques tous les ans, on a un avantage sur les disciples de Jésus de l’époque. Eux ils ne savaient pas. Ils ont été surpris. Nous ont fête Pâques tous les ans (et puis aussi un peu tous les dimanches), alors, forcément on s’y attend. Même si on est quand même surpris tous les ans…

« Parce qu’il faut bien dire que depuis la Création, la résurrection est la seule véritable nouveauté de l’histoire, tellement cet événement est grand !

« On était tout triste la semaine dernière…

« Le premier jour de la semaine, le dimanche des rameaux, ça allait encore, on se souvenait que Jésus était accueillit triomphalement.

« On a commencé à être un peu triste, le jeudi, quand il a dit au revoir à ses amis.

« On a franchement pleuré le vendredi quand il est mort.

« Le samedi, le dernier jour de la semaine, on se sentait tout bête. On croyait un peu que l’histoire de Jésus était finie. On se sentait tout seul.

« Tu sais, les cloches des églises elles étaient tellement tristes qu’elles sont parties à Rome pour voir avec le pape si y aurait pas moyen de faire quelque chose pour sauver Jésus. Soit-dit en passant, elles sont un peu cloche, les cloches, elles se font avoir tous les ans ! Elles sont parties quand elles ont senties que ça sentait le vinaigre pour Jésus, après qu’on a chanté le Gloria du Jeudi Saint. C’est pour cela que l’on ne les entend plus sonner, ni nous appeler pour les messes, ni pour l’angélus, ni sonner les heures… non… elles sont parties. Et elles reviennent quand le pape il leur dit que non, qu’elles se sont fait avoir, que Jésus il est ressuscité dans la nuit de Pâques. Elles se dépêchent pour venir sonner tout ce qu’elles peuvent pour la résurrection… »

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