Un an de blog

Autrefois, comme tout le monde, j’avais un compte facebook. Puis, suivant les conseils d’un ami prêtre, je suis arrivé, la trentaine passée, sur Twitter. Il m’avait invité à y aller en me ventant l’aspect « revue de presse », l’aspect « partage d’informations thématiques » qu’il y a et que l’on ne retrouvait pas avec la même fluidité sur d’autres plateformes communautaires.

Alors je me suis inscrit. Et durant presque deux ans (juillet 2011 – avril 2013) j’ai tweeté sous ma vraie identité. J’ai commencé par suivre des comptes institutionnels dans le cercle large de mes activités professionnelles, des comptes de presse, des comptes de journalistes et d’experts relevant de mon métier… une façon de faire de la veille stratégique, règlementaire et technologique. J’ai été assez vite déçu de la qualité d’information que je pouvais y trouver… les comptes « officiels » des acteurs ne diffusent sur Twitter que de l’information… déjà connue (qui a déjà fuité par d’autres canaux nettement moins modernes). Alors suivre @LesEchos, @Le_Figaro, @lemondefr, @humanite_fr ou @LaCroixCom m’était tout autant utile…

Au fil du temps, je me suis mis aussi à ne plus seulement recevoir du contenu et le faire suivre, mais aussi à m’exprimer à titre personnel. Bien vite, l’expression de ma foi ou l’expression d’opinions « politiques », notamment dans le cadre des débats relatifs au « Mariage pour tous » ont rendu la situation un peu plus compliqué.

La goutte d’eau qui fit déborder le vase fut quand ma femme fut concernée par des propos inconvenants.

C’était il y a un an environ, durant l’octave de Pâques. J’ai donc tweeté une dernière fois le message suivant :

“Je suis Yahvé ton Dieu, celui qui t’a fait sortir d’Égypte, du pays de l’esclavage : tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. » (Ex 20,2)

Suite à cela, je me suis créé un nouveau profil, anonyme, un simple numéro, comme un soldat de l’ombre, comme un prisonnier… Prisonnier d’un laïcisme agressif… d’où l’exergue de mon compte twitter qui est une citation du Cardinal Archevêque de Paris « Si l’on est dans une dictature idéologique, qu’on nous le dise, on ira dans les catacombes ».

Je suis prudent lorsque j’écris le mot « dictature », relativisant le poids des mots tel qu’il peut l’être vécu dans différents contextes… ici je l’entends bien comme celui d’un laïcisme militant pour lequel l’idéologie (il est même parfois question de « superstition ») de la religion (certaines plus que d’autres) doit être combattue et repliée dans la sphère privée. Je rassure tout de suite mon lecteur : je n’en suis pas à confondre la situation dans la France contemporaine et celle qui eut court en République populaire socialiste d’Albanie par exemple… n’en déplaise à ceux qui veulent accuser les catholiques d’une instrumentalisation politique du discours.

En effet, pour faire une petite parenthèse, bizarrement, le fait de critiquer la politique à l’encontre des Roms menée par Monsieur Sarkozy n’entrainait pas d’insultes particulières ni de reproches de la part des apôtres de la soi-disant « laïcité à la française » ou de l’athéisme intégral. Dans ce cas-là, il n’était personne pour dire aux catho que leur parole n’est pas la bienvenue dans l’espace publique. Il me semble que cela montre bien une manipulation intellectuelle de ceux qui reprochent aux catholique une utilisation « politique » du message évangélique.

Il y a un an donc, je suis devenu ce numéro, un numéro parmi d’autres, une façon de n’être personne en particulier. Cet anonymat à la fois en guise de protection professionnelle et familiale. Encore une fois, il ne s’agit pas, dans mon propos de niveler toutes les pressions qui peuvent exister, de l’insulte ou de « l’humour » cathophobe jusqu’aux massacres de masses en passant par les profanations.

Il y a un an, j’ai aussi voulu me donner plus d’espace d’expression… alors je me suis créé un blog, sans véritable ligne éditoriale véritablement fixée à l’avance sinon de chercher à exprimer un regard catho sur le monde dans lequel je vis, un catho qui parle de religion, mais aussi des enjeux sociaux (et politique), de la vie de l’entreprise (et de l’économie), de la vie de famille, de quelques loisirs à partager

Et au bout d’un an, c’est l’heure d’un petit bilan, non ?

Un bilan en demi-teinte… D’une part, je trouve que souvent les débats manquent bien souvent de sérénité, soufrant d’un cruel manque de bienveillance réciproque. J’ai plusieurs fois eu l’impression que certains ne cherchent pas à expliciter leurs points de vue de manière claire et honnête, ni à comprendre les arguments des uns et des autres. Au-delà d’avoir parfois l’impression de temps et d’énergie dépensés en vain, c’est un sentiment de tristesse qui bien souvent demeure.

Mais d’autre part, de belles rencontres, des personnes généreuses et des échanges empreints de douceur de bonté, d’écoute… beaucoup de soutien et de prière…

Pour continuer à vivre ces partages, je reste sur la Toile et je veux dire merci à tous ceux qui partagent mon quotidien numérique, de façon régulière ou de façon parfois plus occasionnelle.

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