Ce qui sauve l’humanité, c’est de trouver les chemins de la fraternité (Mgr Pontier)

Il est des petites phrases qui font beaucoup parler d’elles. L’une d’entre elles est extraite des vœux du président de la Conférence des Evêques de France, Monseigneur Pontier qui dit :  » Les chrétiens fêtent Dieu qui s’est fait frère et affirment que ce qui sauve l’humanité, c’est de trouver les chemins de la fraternité, de les retrouver autant que nécessaire, de les construire et les reconstruire sans se lasser. » Une petite phrase qui a semble-t-il suscité un léger trouble dans la twitosphère catholique. Pour certain, une incompréhension de la phrase en elle-même quand il n’a pas été envisagé une opposition avec les propos du pape tels qu’ils sont rapportés par le père Antoine Sondag :  » La fraternité véritable entre les hommes suppose et exige une paternité transcendante. » Ce dernier explique les propos du Pape en ces termes :  » Cette phrase, traditionnelle sous la plume des papes, signifie simplement que la fraternité universelle ne trouve pas en elle-même les raisons de son universalité. »

Je ne prétends pas être un exégète des propos du président de le CEF ni de l’Evêque de Rome, mais ces deux expression ne me semblent pas être contradictoires ; la proposition de Monseigneur Pontier me semble relever plutôt d’un regard porté sur les fruits du mystère de l’incarnation alors que celle du Saint Père d’une vision théologique d’ensemble.

Monseigneur Pontier, il me semble, s’attache au mystère de l’incarnation. Le mystère de l’incarnation est que Jésus, le Christ, est tout à la fois « Dieu né du vrai Dieu » et en « [prenant] chair de la Vièrge Marie, il s’est fait homme ». Fils de Dieu fait homme, il a ainsi partagé avec nous la fraternité qui provient de la paternité transcendante de Dieu le Père. C’est ainsi que je comprends la première proposition de cette phrase de Monseigneur Pontier. En cela elle me semble parfaitement cohérente avec les propos du Souverain Pontife.

Pour le reste de la phrase du Président de la CEF, il faut se souvenir que Jésus nous indique ne pas être venu pour abolir la Loi, mais pour l’accomplir. La fraternité me semble alors, en la personne du Christ, s’incarner aussi véritablement et prendre une dimension concrète, physique, matérielle et non plus seulement une dimension métaphysique d’une fraternité tout autant transcendante qu’abstraite.

Enfin, l’enseignement de la vie du Christ tel qu’il nous est donné dans les Evangile rappel le point de focal de notre vocation moral, c’est d’aimer Dieu et notre prochain et de l’aimer comme Jésus nous a aimés. Alors je trouve que l’on rejoint cette vocation à la fraternité à laquelle nous sommes appelés : d’une part, en tant qu’enfant de Dieu, nous sommes tous frères les uns les autres (et à cela nous ne pouvons rien, cela découle de notre filiation en tant que créatures créés par Dieu) et d’autre part, cette fraternité préalable (donnée), nous sommes appelés à l’accomplir dans notre vie pour participer ainsi de cette vocation à l’amour que Dieu a mis dans nos cœurs en nous créant à son image.

Voilà comment je reçois cette petite phrase de Monseigneur Pontier, Archevêque de Marseille.

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2 Commentaires

  1. Entre le Pape et le Pdt de la CEF, s’il faut toujours expliquer les ambiguïtés des discours, n’est-ce pas que leurs propos sont sot maladroits, soit confus et donc potentiellement dangereux ?
    Du temps de BXVI, je ne me rappelle pas avoir eu besoin de cela. Il y a un problème de clarté des propos quand chez Benoît, les personnes n’aimaient simplement pas ses propos (que j’ai toujours appréciés à titre perso). Qu’en pensez-vous ?

    1. Merci pour votre lecture et pour votre commentaire.

      Oui, je crois que Benoit XVI avait un don pour s’exprimer avec une limpidité merveilleuse. C’est vrai que les « controverses » sur certaines de ses phrases ont plus été le fait de « journalistes » qui sortaient une phrase de son contexte, voir qui la modifiait pour créer la polémique (le scoop ?).

      Aujourd’hui on a un pape qui communique beaucoup plus, qui va vers les périféries, qui bouscule les habitudes et les codes d’une communication pontificale. Cela peut en effet nous déstabiliser. Mais tant qu’il nous invite à nous tourner vers le Seigneur, je pense que nos débats « exégétiques » sur ses propos ne sont pas vains. Ils sont autant d’occasion de nous interroger sur la façon dont nous recevons, nous-mêmes, les mots que l’Eglise nous donne par les voix « incarnés » de nos prêtres, évêques et papes, comme autant de « facettes » d’une même foi.

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