Du 25 mai au 17 juin 2013 c’est la fête de la philo

Je me pose une question. Qu’est-ce donc que cette fête de la philo dont on parle en ce moment ?

J’ai bien vu qu’il y a un soutien des pouvoirs publics, mais qui en est à l’origine ?

Pourquoi donc faire une telle fête ? Quelle est le besoin ?

Est-ce de « populariser » le goût de la philosophie auprès d’un publique plus large que celui de son audience habituelle ? Est-ce une manière de « subventionner » une production conceptuelle contemporaine et nationale au même titre que l’on pourrait imaginer des opérations de mécénat artistique ? Je comprends bien comme la précise la « philosophie » exposée sur le site web de l’opération que des questions « philosophiques » se posent aujourd’hui (comme hier et comme demain) aux hommes et aux femmes « de bonne volonté ». Cela est un fait. Mais je ne suis pas certain que notre société soit prête à accepter que des questions de sens soient posées trop ouvertement. On a pu le voir lors des débats sur le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Le débat et les questions « qui grattent » sont évacués au nom de principes dont le périmètre conceptuel reste parfois sujet à interrogation ; le dialogue semble aujourd’hui impossible entre d’une part des personnes qui interrogent la construction psychoaffective de l’enfant et son éventuel besoin de se raccrocher à une généalogie, à la présence de référents masculin et féminin, qui émettent des réserves quant à l’éventuel risque juridique de modification de la législation (ou de la règlementation) relative à l’assistance médical apportée à des couples rencontrant des difficultés pour avoir des enfants de manière « naturelle » et d’autre part des personnes qui répondent à chacune de ses questions en parlant d’un égal droit à s’aimer et à avoir des enfants. Qu’importe les opinions ou les jugements des uns ou des autres sur un tel sujet, on le constate aisément, un tel débat est « bancal » d’un point de vue épistémologique puisqu’il n’y a pas adéquation des concepts et que le discours politique ainsi que médiatique joue de cette inadéquation conceptuelle pour entrainer les « débats » sur un terrain « affectif » ou « émotionnel », ce qui a pour conséquence de rendre tout débat inopérant. Alors qu’au contraire, un tel projet de loi aurait pu ouvrir la porte à une véritable réflexion conceptuelle sur la famille, la filiation, l’enfance, l’éducation, etc…

Comment envisager de parler de philosophie quand la confusion générale règne à ce point ? Il convient de se rappeler que « nul n’entre ici s’il n’est géomètre » et que les principes de la conceptualisation philosophique se fondent sur la logique formelle (notamment les syllogismes) définie par Aristote (très proche de ce que l’on appel en mathématique « théorie des ensemble ») et que le « modèle » du raisonnement du philosophe est bien celui d’une démonstration géométrique.

Alors que les « élites » semblent s’attacher à ce que tout discours et tout travail rationnel soit sinon impossible du moins inaudible, j’en arrive à me demander à quel objectif peut bien vouloir répondre une « fête de la philosophie » ? Est-ce nous servir des idées déjà élaborées par ailleurs, dans un discours « agréablement présenté » et de ce fait « séduisant » ? Et pourquoi nous présenter des « idées » comme issue de la philosophie ? Pour leur donner du poids ? Et donc nous inviter à les considérer comme des vérités indiscutables ? Est-ce donc un moyen de répandre dans notre société des « idées forces » qui soient structurantes pour l’avenir et permettre de bâtir dessus un discours idéologique à venir ?

Non certainement pas… c’est mon côté « théorie du complot »… je suis ridicule… pardonne-moi, cher lecteur, je vois le diable le mal partout ! C’est certainement que nos hommes politiques en ont assez d’avoir en face d’eux des générations de citoyen dont le cerveau a été lessivé par des successions de « Loft Storie » et autres programmes permettant « de vendre à Coca-Cola de la minute de cerveau disponible »… nos élites veulent certainement donner les outils critiques pour que les citoyens puissent élaborer des raisonnements soutenus et argumentés, pour qu’ils puissent interroger les décisions et les choix de notre République, pour qu’ils puissent imaginer et bâtir des projets sociaux novateurs contribuant à améliorer le vivre ensemble de tous dans la société.

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