Dissolution de l’Assemblée Nationale ?

De plus en plus de gens parlent très sérieusement de dissolution. Dans son édition du lundi 22 avril 2013, la très sérieuse Lettre de l’expansion [2013 04 22 – La lettre de l_expansion] l’évoque également. C’est dire si le sujet devient plausible !

Je m’interroge sur comment penser sérieusement une dissolution dans un régime de quinquennat avec une majorité absolue du même parti politique que celui dont est issu le Président de la République ? L’opposition, lors du précédent quinquennat, a reprochée au Président de la République, Monsieur Sarkozy, de se comporter à l’époque en « chef de la majorité » ; peut importe pour cette analyse, le facteur relevant de la personnalité de l’homme qu’il était.

Suite à l’alignement de la durée du mandat présidentiel avec celui des députés, lorsque le Président de la République a une majorité à l’Assemblée Nationale, il habite forcément sa fonction d’un rôle de leader de son propre camp. Le suffrage universel direct donne dans ce cas une visibilité (i.e. une légitimité populaire implicite) forte qui à mon sens prime sur celle de l’Assemblée Nationale. En effet celle-ci est composée du plusieurs députés, de sensibilités différentes. Certains ont pu être élu sur la base d’une appropriation du programme présidentielles, d’autres font preuves de plus de distance avec l’application « stricte » du schéma de pensé de celui qui fut le candidat victorieux de leur parti. Bien entendu cette dernière remarque est à nuancer en fonction des partis politiques, certain laissant plus libres leurs membres, députés ou sénateurs, de voter en conscience que d’autres partis.

L’objet n’est pas la polémique sur le respect de la liberté des uns et des autres, il est sur la pertinence d’une dissolution.

Dans la configuration actuelle, où le président de la république est assis sur une majorité « forte », c’est-à-dire que son appareil politique a la majorité absolue, il peut gouverner sans dissolution. Son Assemblée Nationale vote ses lois. Même si le Sénat bascule, cela ne fait que « ralentir » le circuit législatif, mais l’Assemblée Nationale qui a le dernier mot, vote, grosso-modo, suivant les directives du chef de l’Etat.

Quel intérêt pourrait-il a y avoir une dissolution ? Cela permettrait peut-être de redonner un second souffle à l’exercice du pouvoir ? Mais n’y aurait-il pas de projets plus « fédérateurs » que celui-ci comme par exemple un référendum qui par effet de bord peut renforcer la légitimité du chef de l’Etat ? Ce serait il me semble prendre un immense risque politique pour un gain plutôt incertain alors que le Président et sa majorité parlementaire sont aux commandes pendant tout le quinquennat, je dirai presque « quoi qu’il arrive ».

La situation était tout à fait différente lorsque Monsieur Chirac a dissout l’Assemblée en avril 1997 ; par un jeu de calendrier, il pouvait espérer prolonger sa majorité jusqu’au terme de son septennat à intervenir en 2002.

Vue de ma fenêtre, je ne m’explique pas bien le gain que pourrait représenter une dissolution. Si quelqu’un veut bien me donner son avis pour contribuer à ma réflexion, je suis preneur…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :